2007 – 2008, les prérequis

Problématique de recherche et premier relevé topographique

En 2007, le site du Mur (dit) d’Hannibal soulève toujours de nombreuses questions. Son architecture ainsi que celles de ses aménagments annexes sont incongrues et aucune datation archéologique n’y est admise (l’inscription à caractères lépontiques, en plus d’être remise en question par certain, ne permet pas une datation). La raison d’être d’une occupation à cet emplacement reste obscure malgré plusieurs hypothèses et aucune découverte matérielle ou trace n’a permis d’y mettre en évidence des marqueurs culturels ou d’activités.  Les dimensions sociales et économiques que cet aménagment a pu représenter pour les personnes qui ont participé à sa construction ou qui l’ont occupé nous intriguent.

Le 11 octobre 2008, deux géomaticiens, Florian Marcoux et Léonard Evéquoz accompagnent Romain Andenmatten sur le site. 317 points topographiques sont levés en une journée au moyen d’un GPS LEICA SR530 [1] (Fig. 1).

Figure 1, Liddes, Mur (dit) d’Hannibal, Florian Marcoux, géomaticien, effectue le relevé GPS du site, Andenmatten 2008.

Le matériel utilisé est prêté par l’entreprise Romande Energie SA qui offre également dans le cadre du projet les communications GSM nécessaires à la correction du GPS et la possibilité que les données de terrain soient traitées dans ses bureaux. Les deux géomaticiens, bénévolement venus apporter leur aide, effectuent la mise au propre du relevé lors de deux soirées de travail, les 28 et 30 octobre 2008. Le relevé est effectué de la manière suivante : une ligne de points qui constituent le squelette de l’enceinte est levée sur toute la longueur de cette dernière. Ces points, positionnés sur des blocs de grande taille,  sont numérotés et marqués à la peinture. Des profils perpendiculaires à l’enceinte (constitués au maximum de 9 points) sont ensuite effectués. Ces coupes permettent d’estimer le volume de l’enceinte et de sa démolition en plus de situer très précisément ses limites. Sans être observé dans son entier, le mur annexe à l’enceinte est partiellement documenté à ce moment. La limite de l’à-pic puis des points marquants du paysage sont ensuite relevés. Une anomalie et l’abri de l’inscription sont également positionnés à cette occasion. Douze points supplémentaires sont marqués sur d’imposants blocs ou affleurements rocheux pour servir de référence. Ce nouveau relevé, en plus d’apporter une vision volumétrique de l’enceinte et un relevé très précis de l’ensemble du site, permet de placer les différents éléments sur la carte nationale et de posséder dès lors de nombreux points de référence pour les positionnements des futurs travaux et documentations[2] (Fig. 2 et 3).

Figure 2, Liddes, Mur (dit) d’Hannibal, plan du site, référencé selon les coordonnées CNS, Marcoux, Evéquoz, Andenmatten 2008

Figure 3, Liddes, Mur (dit) d’Hannibal, profil du mur d’enceinte au niveau du point 95, Marcoux, Evéquoz, Andenmatten 2008.

À partir de la vue d’ensemble offerte par ce relevé, un projet d’interventions ciblées de terrain pour mettre en évidence des éléments datants et des marqueurs culturels ou d’activité est planifié en collaboration avec l’entreprise TERA Sàrl et proposé à la Commune de Liddes et à l’Archéologie cantonale.


[1] Précision de 0.03m au premier point, puis précision millimétrique.

[2] La présence de points référencés selon les coordonnés de la CNS était un prérequis avant toute intervention de terrain invasive.